« La révolution d’un seul brin de paille » : le lean jardinage

« La révolution d’un seul brin de paille » : le lean jardinage

« La révolution d’un seul brin de paille » est un livre clé et fascinant rédigé par Masanobu Fukuoka, cultivateur japonais. Il y raconte les expériences qu’il a pu mener sur ses terres et ses conclusions après plus de quarante années d’observation et de pratiques. Ce n’est pas à proprement parlé un livre de « recettes » puisque les problématiques abordées concernent essentiellement la culture du riz (et dans une moindre mesure les vergers et le potager). C’est néanmoins un livre exemplaire et subversif qui offre un point de vue terriblement différent des messages que l’on prône actuellement. On peut ne pas y adhérer, mais l’audace de sa pensée, ouvre des perspectives et s’avère rafraîchissante.

Pour parler en termes contemporains, Masanobu Fukuoka a pratiqué une forme de « lean » jardinage avec pour objectif une « automatisation » de ses tâches afin d’en faire le moins possible. Il a « uberisé » la culture du riz. D’une certaine façon.  Alors qu’il travaillait comme chercheur à l’élaboration de traitements contre les insectes qui pourrissent les champs et la vie des agriculteurs, il a observé les techniques de cultivation pratiquées à travers le Japon. Il a également observé la nature et remarqué que les brins de riz sauvages se débrouillaient très bien seuls et sans aide extérieure. Pas besoin d’inondations, de rizières, de repiquages, de désherbages, de traitements chimiques… Le riz dans son état sauvage poussait fort et robuste sur des terres considérées comme hostiles.

Masanobu Fukuoka est donc retourné chez son père pour mettre en place, sur les terres familiales, ses intuitions. Son père taillait depuis toujours les arbres du verger. Masanobu Fukuoka pris l’initiative de ne plus le faire et de laisser les arbres pousser à leurs guises.
Ce fut un échec total.
Le verger entier dépérit et papa renvoya fiston travailler en ville avec un coup de pied au cul. Masanobu Fukuoka en tira une conclusion : laisser redevenir sauvage, une plante que l’on a cultivée, ce n’est pas une méthode, c’est de l’abandon.

Plusieurs années plus tard, il retente le coup (il procède par itérations pour ceux qui connaissent un peu la gestion de projet en lean.) Il supprime le concept de rizière, il ne noie ses plants de riz qu’une à deux semaines par an. Il sème ses graines à la volée (pas de semi, ni de repiquage) et fait pousser du trèfle blanc avec la céréale (pas de désherbage et une matière verte naturelle…) Il obtient cette fois de meilleurs résultats. Il continuera d’améliorer d’année en année ses méthodes jusqu’à obtenir un rendement équivalent aux autres rizières.

Alors que l’on vit dans une société qui nous pousse à nous dépasser et à en faire toujours un peu plus. Masanobu Fukuoka lui pense : « comment pourrais-je en faire moins ? » Et c’est le mantra qui l’obsède à chaque nouvelle saison.

C’est un livre qui offre une vision de ce que pourrait être l’agriculture, mais c’est aussi et surtout un bouquin poétique, audacieux avec une vision profonde et détonante. C’est aussi la vie très inspirante de Masanobu Fukuoka, son retour à la terre, ses échecs, ses idées et sa manière de renverser astucieusement les valeurs. Une révolution minimale, tranquille et silencieuse. Un livre à recommander et à offrir absolument !

Allez, lancez-vous : La révolution d’un seul brin de paille par Masanobu Fukuoka

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