Un balcon en permaculture : comment débuter ?

Un balcon en permaculture : comment débuter ?

Aujourd’hui, quelques conseils pour débuter un balcon urbain en permaculture. Ce n’est pas toujours simple de savoir par où commencer et de garder son objectif en tête à chaque étape. Face à certains dilemmes (choix de produits, d’espèces, tailler ou non…) on peut se retrouver avec un alignement de jardinières en plastique plantées de géraniums. (Non, pas que ce soit mal, loin de là – vive les géraniums – mais disons que ce n’était pas exactement ce qu’on souhaitait faire au départ…)

Donc, si vous souhaitez vous lancer, voici ce qu’il faut savoir et quelques conseils pratiques. Ce n’est pas compliqué mais la première année peut s’avérer riche en aller-retour vers une jardinerie lointaine. Les saisons suivantes, les choses se déroulent plus simplement : le balcon est en place, certaines espèces se ressèment d’elles-mêmes… Bref, la vie suit son cours.

  1. Une multitude de pots ne fait pas exactement de la permaculture (hélas). Premier point important, quand on a un balcon, on a tendance à aligner les petits pots. Un pied de tomates par ici, deux poireaux par là. En soi, ce n’est pas un problème, mais la permaculture c’est avant tout une question de sol et de terre. Si votre balcon doit être envahi, choisissez d’emblée les plus gros bacs possible. L’objectif (déjà abordé dans cet article) c’est de recréer un petit écosystème, une terre riche qui n’est ni rincée par les arrosages, ni vidée de ses nutriments par les cultures successives. Plus il y a de terre, mieux c’est. Rien n’empêche d’avoir quelques pots de fleurs, mais gardez vos plus gros bacs pour les légumes. Un conseil responsable et adulte : vérifiez tout de même combien de kilos au m2 votre balcon peut supporter. Les nouveaux immeubles sont costauds mais les anciens peuvent être surprenants…
  2. Réaliser son compost. C’est important ! D’abord parce qu’en ville, on ne trouve pas de tas de compost en libre service, ensuite parce qu’il faut nourrir votre terre au printemps, enfin parce que ce serait quand même con d’acheter quelque chose que vous jetez tout au long de l’année ou de devoir compenser avec des engrais. Franchement, faire du compost sur un balcon, c’est simple, ça prend 5 minutes, ça ne demande rien et surtout, ça ne sent pas mauvais. Je peux vous le jurer ! (Comment réaliser son compost sur le balcon)
  3. Sélectionner ses espèces et ses ustensiles avec soin. Face à la pénurie de choix dans les jardineries, on peut être tenté de faire quelques concessions ou même beaucoup de concessions. Le bac en bois label PEFC se transforme en un pot en plastique, l’espèce ancienne et rare de tomates bio devient un plant de tomates cerises F1… Là, deux solutions. La première : Internet et les commandes en ligne (le catalogue est évidemment bien plus riche et cela évite de se déplacer pour rien, des sites comme celui de La Ferme Sainte-Marthe propose des produits géniaux, même Truffaut propose quelques bons produits, notamment un terreau biologique pas trop cher.) Deuxième solution : faire ses semis. Réussir ses premiers semis n’est pas une sinécure. Les premiers jours, on est enthousiaste, ensuite les semis peuvent filer, geler, s’assécher, hiberner… Mais quelle fierté d’obtenir les légumes de ses propres semis puis leurs graines ! Croyez-moi, ça n’a rien à voir avec acheter des plants. Pour les fleurs : privilégiez les espèces rustiques et mellifères pour débuter : bourraches, lavandes, consoudes… Les abeilles adorent !
  4. Porter des sacs de terreau (encore et toujours) et une belle balle de paille.  Alors là, c’est la croix. Comment quelque chose d’aussi banal à la campagne peut devenir aussi pénible en ville ? Allez courage, le jeu en vaut la chandelle ! Si j’ai un seul conseil à donner : on sous-estime toujours la contenance d’un bac :)) Pour la paille, je n’ai trouvé qu’un seul fournisseur sur Paris : Truffaut. Voilà. Quand on sait qu’on trouve la paille en quantité à la campagne pour rien du tout, il y a de quoi s’insurger. Pourtant, pailler c’est essentiel ! (Pailler : où ? Comment ? Pourquoi ?)
  5. Encourager (et respecter) la biodiversité et ramener les pollinisateurs. Une invasion de pucerons ou du mildiou sur vos précieux radis ? Pas de panique ! Ne cédez pas à l’appel des produits chimiques et quand bien même ceux-ci se vantent d’être écoresponsables. (Souvenez-vous de la pub Round-up…) Ces produits éloigneront les abeilles et les autres insectes, toucheront vos légumes et votre précieuse terre. Le savon noir est votre ami !
  6. Apprendre à ne pas (trop) intervenir et à ne pas trop dépenser d’argent. Quand on débute un potager et qu’on est enthousiaste, on a tendance à vouloir en faire trop. Acheter trop de graines, trop de bacs, trop de gadgets. Et à vouloir intervenir tout le temps : tailler, arroser, tuteurer, pouponner… Lâchez prise ! Répétez-vous que la nature n’a besoin ni de vous, ni de ces gants-pelles-connectés au Wifi ! Le jardinage, c’est un équilibre de constance et de flemme.
  7. Se tromper, faire n’importe quoi, apprendre et recommencer. Ça, c’est mon conseil :)) Soyons clairs, c’est du jar-di-na-ge. Il n’y a pas mort d’homme quand une connerie est faite. Pourtant, on trouve énormément de dogmatisme et de croyances dans une discipline a priori plutôt zen. Or, l’intelligence et l’apprentissage sont incompatibles avec le dogmatisme. En permaculture, beaucoup de règles sont énoncées, mais les permaculteurs pros sont les premiers à adapter les règles aux réalités du terrain. Même Pascal Poot explique dans ses interview « si vous avez de l’eau dans votre jardin, ne faites pas comme moi ! » Le but n’est pas de s’imposer une nouvelle pression. Faites-le pour vous et si ça foire, surtout ne baissez pas les bras. Observez ce qui marche pour vous et pour vos plantes, et apprenez par vous même. Le jardinage, c’est aussi et beaucoup d’expériences foireuses et… surprenantes. 😉
  8. Se faire plaisir ! C’est l’objectif numéro 1 ! Vous craquez sur une plante qui n’entre dans aucun compagnonnage, ne sert pas à grand chose et d’ailleurs ne se mange même pas ? Craquez et ramenez-la chez vous ! Elle sera choyée 😉

Et aussi : première récolte de haricots verts

2 commentaires

  1. Hello Rookie ^^ la paille, tu peux avantageusement la remplacer par des feuilles mortes : c’est la même dominante carbone, c’est largement plus riche, ça met très longtemps à se décomposer… et c’est gratuit, ce qui n’est pas rien par les temps qui courent. Au lieu d’aller au magasin, tu emmènes ta petite voiture se balader à la campagne – de décembre à février – et tu ramasses quelques gros sacs qui te feront l’année :-)… il y en a tellement que tu peux facilement en récupérer un peu sans mettre à nu le sol de la forêt. Ce ne serait pas sympa pour elle déjà et de toutes façons tu as intérêt à récupérer la couche supérieure sèche qui ne se compostera pas directement dans le sac. De même il vaut largement mieux que ce dernier soit en jute ou dans un matériau aéré plutôt qu’en plastique. Vala vala ^^

  2. Salut !

    J’avoue que le poids que peut supporter certains au m2 fait assez peut parfois. C’est important de se renseigner là dessus comme tu le dis !
    Pour le compost, par soucis de place, j’aurai tendance à favoriser le compostage de surface directement. Placer ses déchets de cuisine directement sous le mulch afin de gagner la place que le compost prendrait sinon. Et pour créer une biodiversité directement dans le sol.
    À ce titre j’aurai aussi tendance à prendre quelques poignée de terre forestière pour ensemencer le sol de mon jardin en micro-organismes.

    J’adore tes deux conseils à la fin :
    -Se tromper, faire n’importe quoi, apprendre et recommencer.
    -Se faire plaisir !

    Tout à fait ma vision des choses ! 🙂

    Très bonne journée,
    Heikel de Jardiner Futé

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