Construire la parfaite jardinière en permaculture : mode d’emploi

Construire la parfaite jardinière en permaculture : mode d’emploi

Il y a un an, quand j’ai entendu parler de la permaculture, j’ai commencé à faire des croquis pour imaginer la parfaite jardinière urbaine. J’avais imaginé tout un tas de systèmes pour récupérer l’eau de pluie, faire pousser de la mousse et des champignons et faire en sorte que ce petit écosystème se débrouille seul et soit un petit bout de nature reconstitué… C’était très ambitieux ! Au moment de passer à l’acte, j’ai donc du faire quelques concessions et partir sur quelque chose de plus simple.

Pour le cahier des charges, je n’ai finalement conservé que quelques critères :

  • un GROS volume de terre et une taille aussi grande que mon balcon le permet (du sur-mesure, donc) ;
  • différents niveaux de terre pour le buttage (et parce que c’est joli – ahah) ;
  • des treillis, à l’origine je rêvais de faire grimper des courges, mais elles sont devenues un petit jardin vertical ou les fraisiers s’épanouissent sur plusieurs niveaux (les stolons s’automarcottent sur les niveaux inférieurs…) ;
  • le tout aussi compatible avec l’agriculture bio que possible, pas de PVC ou de matériaux qui pourraient faire du mal aux petites abeilles et aux insectes que j’ai eu du mal faire à venir ! (En réalité, pas du tout, elles ont rappliqué très facilement ;))

Et c’est là que mon papa entre dans le game ! Mon père est un super-méga-bricoleur qui se débrouille vraiment bien avec le bois (ce fut son métier pendant quelques années). Construire une jardinière sur mesure, il l’avait déjà fait. Je lui ai donné mes croquis tout pourris, et il en a fait des vrais plans. Le plus compliqué était finalement de trouver des matières premières qui soient respectueuses de l’environnement et de mes petits légumes.

Au final, si je considère les plantes qui poussent dans cette jardinière et les plantes qui poussent dans les deux bacs achetés dans le commerce… Il n’y a pas photo ! Les bourraches ont littéralement explosé, les tomates donnent deux fois plus, c’est sans comparaison avec les pots et les autres jardinières. Et ce n’est que le début car je compte bien chérir ma terre de saison en saison.

À noter : cette jardinière est en quelque sorte « temporaire » le bois et la lasure utilisés sont moins « performants » que si nous avions utilisé les produits chimiques hyper performants habituels, ou du bois plus costaud. Elle devrait donc durer 3 ou 4 ans avant de dépérir d’elle-même… C’est la vie ! C’est une jardinière « cradle to cradle » en quelque sorte, et ce sera l’occasion de l’améliorer ensuite ! 😉

Si les plans vous intéressent, demandez ! On les partagera 🙂 Mon balcon fait environ 80 cms de large (parfois moins là où passent les gouttières, parfois davantage devant les portes-fenêtres) et les mesures sont donc relativement « standard » notamment si vous habitez un immeuble récent.

Le matériel nécessaire pour une parfaite jardinière en permaculture :

Des planches en l’occurrence du pin noueux (et le label PEFC qui va bien) non traité :

NB : Les planches ont été prédécoupées sur mesure dans le magasin. Cela évite les erreurs et le bazar, notamment si vous vivez en appartement.

Des roulettes (ça, c’est la touche de mon papa et de son esprit pratique), de la lasure (aussi respectueuse de l’environnement que possible) en l’occurrence, on n’a pas choisi la couleur (blanc) on a pris ce qu’il y avait de plus respectueux. Des vis et un embout en plastique (hélas, pas d’alternative…) pour le trop-plein (autre apport de mon père au projet 😉 :

Il faut également une bâche, pour cela je vous conseille d’aller voir dans les rayons destinés aux bassins et à l’aquariophilie, c’est là qu’on trouve les liners les plus respectueux de l’environnement afin d’éviter le PVC et ce type de saloperies. Je n’ai pas la référence de la nôtre, mais si vous avez une jardinerie bien équipée près de chez vous, vous devrez en trouver qui correspondent à un cahier des charges rigoureux. Sinon, il est possible d’en commander sur Internet pour pas trop cher.

C’est parti !

Étape 1 : Des petits trous, des petits trous… 😉

Étape 2 : on vérifie que les petits trous sont au bon endroit, les roulettes sont vissées et le trou pour le trop-plein est creusé.

Étape 3 : on place le liner (c’est un peu relou :)) et on l’agrafe sur le haut de la jardinière (pas au fond, sinon ça fait des trous et il ne sert plus à rien ;))

Étape 3 bis : on pose le tuyau pour le trop-plein et on rend étanche le tout avec du gel pour les joints. Là encore, il faut sélectionner le plus « bio » compatible même si au final, il ne sera jamais en contact avec la terre.

Étape 3 : on redémonte, et on lasure au soleil !

Étape 4 : on remonte le tout, et on fixe les treillis à l’extérieur de la jardinière.

Maintenant, on remplit la jardinière. On a dû acheter 2 sacs de 50 kilos de cailloux et 6 ou 7 sacs de 50 litres de terreau (pour l’agriculture biologique… je crois que vous avez compris le délire :)))

Étape 5 : on verse les graviers jusqu’au trop-plein, et on place un voilage par-dessus. On a mis un voile d’hivernage tout simple qui laisse passer l’eau mais évitera que la terre et les racines filent dans le trop-plein…

Étape 6 : de la terre, de la terre et encore de la terre… (On aperçoit le voile d’hivernage sur les bords.)

ET VOILA !!!

En mars, ça donnait cela (avec deux pieds de bourraches) :

Aujourd’hui (en juin) ça ressemble à cela (avec la bourrache qui a grimpé ) : construire la jardinière n’est que la première étape en réalité. Il faut ensuite sélectionner ses espèces et son compagnage, pailler, enrichir la terre chaque saison (compost notamment), faire venir les pollinisateurs, dompter, comprendre et aider ce petit écosystème… Rien n’est jamais terminé, et j’apprends en permanence. La prochaine jardinière sera sans doute différente 🙂

10 commentaires

  1. Salut,

    Alors là, chapeau, le résultat est splendide ! Le projet a l’air hyper réfléchi et l’article qui l’explique est vraiment clair et bien écrit. Je te souhaite d’excellentes récoltes 😉

    J’adore ton blog, je repasserai souvent ! 🙂

    À bientôt,
    Heikel

  2. Bonjour
    Est il possible d’avoir d’avoir les plans ?
    Merci

  3. Félicitations. Explications tout à fait claire pour la construction de la jardinière. Vous montrez bien les difficultés de l’opération, et comment la réaliser simplement.


  4. Bonjour!
    C’est obligatoire le trop plein?
    Merci!

    1. Author

      Pas du tout 🙂 Surtout si votre jardinière peut recevoir l’eau de pluie (ce qui n’est pas le cas de la mienne) vous n’en avez pas forcément besoin 🙂


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