Minimalisme : un grand tri qui fait du bien

Minimalisme : un grand tri qui fait du bien

Cela fait maintenant plusieurs mois que cet article traîne dans mes brouillons… Comme il n’est pas question de permaculture ou de jardinage, j’hésitais à le publier. Finalement, le voilà !

L’hiver dernier, nous avons fait des travaux chez nous. C’était l’occasion d’effectuer un tri sévère dans tous les placards (y compris l’étagère du haut, celle qu’on n’utilise que deux fois : le jour de l’emménagement pour stocker du bordel, et le jour du déménagement pour réemballé le bordel).

Nous avons été assez choqués de constater à quel point nous avions accumulé des conneries par containers entiers. Évidemment, nous avons trié, donné, revendu et… jeté. Quel gâchis ! Déchets, argent et place (au prix du mètre carré en région parisienne…) Pour tous ces objets absurdes et stupides.

Une inspiration : le charme des tiny houses

Ce constat faisait écho à un mouvement que j’aime beaucoup celui des tiny-houses et  du downsizing. Après la crise des subprimes de 2008, certains jeunes Américains ne souhaitaient plus s’endetter sur 25 ans ou 35 ans pour s’acheter une maison à crédit (et risquer de la perdre, comme ce fut le cas pour des milliers de personnes en 2008.)

Une grande maison signifie beaucoup d’objets, beaucoup de pollution pour les créer, beaucoup de déchets, l’obligation de s’occuper de ces objets (bonjour ménage), de les ranger (ça tombe bien, il me restait encore une journée de libre dans la semaine, maintenant je sais quoi en faire…) A tous les points vus, une grande maison, c’est absurde !

Une alternative venue des États-Unis ? Les tiny houses. Apprendre à vivre dans de petites maisons (autour de 15m2 en général) qui ne coûtent que quelques milliers d’euros, ce sont les tiny houses. Ces petits espaces impliquent de ne conserver que l’essentiel. Le mouvement ne concerne pas que les « jeunes ». Certaines familles (qui tiennent des blogs ou des chaînes YouTube) vivaient dans des appartements de 75m2 ou plus ont elles-mêmes entrepris de déménager… Pour plus petit ! Les économies réalisées permettent d’être plus libres. Et ça, c’est important !

Les tinyhouses sont minuscules, mais cosy et lumineuses. Elles forcent à modérer ses achats, à se recentrer sur ce qui compte vraiment et parfois même, elles sont mobiles et peuvent être installées sur des terrains magnifiques.

Au passage, nous  sommes devenus  fan d’une émission américaine diffusée en France sur 6ter « Tiny-house : mini maison à emporter » que l’on peut regarder en replay^^

Il se trouve que nous avons ce qu’on pourrait appeler une tiny-house. Notre appartement n’est pas très grand (42m2) ce qui au départ était un choix « économique » se révèle très pertinent. Pas question de déménager pour « plus grand ».

La puissance du minimalisme

Nous avons aussi regardé le documentaire »Minimalism » de Joshua Fields Millburn & Ryan Nicodemus qui poursuit assez naturellement ce constat aberrant. Par exemple, aux États-Unis, des études ont montré que 80% de l’espace d’une maison n’était jamais occupé par ses habitants.

Leur concept est donc d’arrêter de s’encombrer d’objets, et de vivre pour « être » et non pour « avoir ». (La formule est grandiloquente mais parlante.)

Avoir moins d’objets, c’est aussi – mine de rien – se trouver d’autres manières de s’occuper (ou se libérer du temps, c’est une question de points de vue…) Toutes ces heures passées à « remplir des paniers » sur des sites d’e-commerce, à traîner sur des sites de déco, des blogs mode ou lifestyle, à ranger, à nettoyer… Deviennent des heures qui permettent de faire d’autres choses. Le minimalisme, très concrètement permet de gagner un temps précieux moins centré sur les choses (oh, capitalisme…)

Acheter moins, c’est aussi avoir besoin de moins d’argent. Pour beaucoup de minimalistes, cela signifie donc moins travailler. Travailler 7 heures par jour, 5 jours par semaine, 217 jours par an pendant 40 ans pour s’acheter une voiture, une maison et d’autres choses n’est plus un mode de vie « obligatoire ». Le minimalisme a donc à voir avec une liberté retrouvée et une nouvelle manière d’envisager la vie.

Viens, on imagine une manière différente de vivre…

Les objets, c’est du temps. Mine de rien, il faut s’en occuper. On les cherche, on les nettoie, on les range, on les dérange, on les remplace, on se demande où ils sont, on s’inquiète de les avoir perdus, on les déplace à nouveau et puis c’est reparti : on les nettoie, on les range… Chaque objet est une source potentielle d’interrogations et de tracas qui pourraient être évités.

Sans même parler d’écologie, le constat est sans appel, on achète et on jette les choses avec une extrême facilité sans même se demander l’énergie qu’il a fallu pour produire ces trucs, ni même ce qu’ils deviendront par la suite, tout en s’affligeant sur Facebook de la disparition de telles ou telles espèces.

Pour faire ce tri, je me suis aidée de plusieurs vidéos sur YouTube .

On pourrait se dire que pour faire du tri, on n’a pas besoin des conseils de personnes expérimentées. Eh bien c’est faux. Mon cerveau était tellement conditionné à trouver certaines choses « normales » que jamais je n’aurai pu songer à leur inutilité, si on ne me l’avait pas explicitement signalée. Je ne voyais même plus certains objets. Il faut donc en passer par une phase de déconditionnement.

Parmi les innombrables contenus de minimalistes disponibles sur le web, je vous conseille la chaîne de Josée-Anne SC, une Québécoise en France qui a commencé il y a moment un « downsizing ». Elle a quitté sa sublime maison en Bretagne pour une tiny-house en bord de mer. Elle produit également des podcasts et est très inspirante.

Notre ligne de conduite a été en gros celle-ci : tout objet qui n’a ni été utilisé ni observé avec joie depuis un an sort de chez (sauf les fiches d’imposition, unique exception !!! 😉 Règle à laquelle, nous avons ajouté : pour un objet qui rentre dans la maison, c’est un objet sort.

Minimalisme : la liste des objets inutiles

Voici une courte liste des objets que je possédais et que je ne possède plus :

  • les petits électroménagers. J’en possédais des tonnes. J’aime bien cuisiner et j’étais totalement suréquipée. Je possédais même certains robots en plusieurs exemplaires (parce que la lame de celui-ci ne fonctionne pas, mais le moteur lui, marche encore…) Nous utilisons certains appareils régulièrement comme notre extracteur de jus (plusieurs fois par mois) ou notre appareil à raclette (régulièrement en automne/hiver et même au printemps). Pas question de se débarrasser de ceux-là. En revanche, nous avions aussi un hachoir, deux appareils à fondues (un traditionnel et un autre façon « wok » pour les fondues vietnamienne), un Rice Cooker (les vrais savent…) Je pense aussi à des trucs genre « cuisson à la vapeur », « grille-pain »…
  • la vaisselle. Nous avons un lave-vaisselle, mais soyons honnête, nous avions de la vaisselle pour tenir au moins 3 semaines sans faire la vaisselle. Des pièces en plastique, des services dépareillés, des mugs/tasses/assiettes/verres à moutarde qu’on n’utilise plus mais qu’on stocke par automatisme. On reçoit rarement plus de 200 personnes à la maison (lol) pas besoin d’encombrer les placards avec un  service digne de Buckingham.
  • du linge de maison. Des serviettes de bain (vieilles et raides mais qu’on stocke parce que… pourquoi déjà ???) Quatre ou cinq parures de lit (dont celle qu’est moche, qu’on n’utilise pas mais qu’on conserve… Au cas où toutes les autres brûleraient spontanément ?) Il se trouve que pendant les travaux, on a changé de lit. Donc on a racheté deux parures aux bonnes dimensions, et c’est tout. Parce qu’on n’a pas besoin de plus de deux parures de lit. Concrètement : il y en a une au lave-linge et l’autre sur le lit.
  • globalement, il s’agit de supprimer tous les objets que l’on possède deux fois (deux fouets à pâtisserie, six spatules, deux marises, quatre saladiers, huit éponges, trois brosses à cheveux, cinq ciseaux, quatre pinces à épiler… Des fois qu’on soit ambidextre ?) Les doublons c’est ce qu’il y a de pire, car souvent, il y a une des versions qu’on préfère, et concrètement, les autres ne servent pas… On est prêt à aller chercher la version préférée dans une autre pièce plutôt qu’utiliser « celui-qu’est-moins-bien ».
  • les livres. Alors là, attention, dilemme. J’avais des milliers de livres. Quand on aime lire, les livres c’est sacré. Ma bibliothèque est un temple. Sauf que les livres : ça prend de la place… et la poussière pour un usage finalement limité. J’ai donc fait un tri drastique dans mes bouquins. J’ai pris chaque livre et pour chacun, je me suis demandée : ce bouquin a-t-il changé ma vie d’une manière ou d’une autre ? Je me suis débarrassée de ma collection d’Agatha Christie (que je ne relirai pas, je connais le tueur…) d’une quantité de polars/thriller, des guides de voyage, mais aussi de livres jamais lus et stockés depuis 15 ans ou d’autres qui finalement m’importaient peu.  J’ai trouvé une association (Recyclivre) qui se déplace et vient chercher les bouquins (parce que j’en avais vraiment des tonnes…) Maintenant, on privilégie les livres numériques. Quand ce n’est pas possible, le stockage dans la bibliothèque est temporaire en attendant un nouveau tri… En gros, il m’en reste entre 350 et 400, et je dirai que la moitié de la bibliothèque a été évacuée… Pour vous donner une idée, j’ai retrouvé une photo de notre bibliothèque « principale » photographiée dans un moment de lucidité…

AVANT / APRES – le tri dans les livres
  • Les CD, les DVD etc… Ai-je besoin d’entrer dans les détails ?
  • les vêtements. J’adorais les fringues/chaussures/sacs mais là-dessus je me suis totalement calmée depuis un bon moment. J’ai trouvé mon style et j’ai mes vêtements préférés. Cette période de tri, c’était l’occasion de resserrer encore un peu mon niveau d’exigence. Par exemple, aujourd’hui, je n’ai plus que deux sacs : un sac « à main » (que j’utilise très peu) et un sac à dos (que j’utilise au quotidien comme je me promène avec mon ordi). Je n’ai pas acheté de vêtements depuis plus de 6 mois… Et cela ne me manque pas. Maintenant, je remplace mes affaires, je n’en ajoute plus de nouvelles. Par exemple, une  de mes paires de baskets préférées a désormais un trou et prend l’eau. Je vais donc en acheter une autre paire (des Veja !)
  • les machins. J’ajoute cette catégorie d’objets un peu particuliers. Les trucs. Les machins qui encombrent pour rien et qui ont juste le mérite « d’être là » depuis toujours : les rangeurs/trieurs/bannettes de documents, les boites en plastique, les objets de déco « mass market » (c’est à dire qui n’évoquent même pas un souvenir, ils sont là pour « occuper l’espace »). Je ne parle même pas des « petits machins » : six chargeurs USB/USB-mini, la télécommande de la télévision d’avant, le boitier de machins qu’on-ne-sait-même-plus-ce-qu’il-charge-mais-ça-peut-servir, les rouleaux de scotch vides depuis 4 ans… Les machins et les petits machins sont les pires. On ne les voit plus, ils sont parfois là depuis des années…
  • dans la salle de bain. Je me maquille peu, en gros, j’utilise les trois mêmes produits depuis des années (une crème Herborian, un crayon à sourcils et un mascara) un savon pour le visage, un pour le corps, un shampoing, un déo et une crème hydratante. Une poignée de produits, donc… Et pourtant un placard plein de laques, de shampoings secs, de crèmes solaires, de vernis à ongles, de maquillages, d’échantillons en tout genre… Là, je passe progressivement en full zéro déchet. Je termine les produits et je ne les rachète plus. Au programme : shampoing et dentifrices solides, pain de savon et brosse à dent en bambou. Honnêtement, ce n’est pas un effort, au contraire. La routine du matin est très simplifiée.
  • notre cafetière Nespresso (les dosettes…) vient de rendre l’âme. Terminé la Nespresso ! Le principe des dosettes qui créent des déchets en conséquence et coûtent cher commençait à nous agacer. La panne de la cafetière a donc finalement été une bonne raison de passer à autre chose. On vient de s’équiper d’une jolie cafetière à l’italienne en inox et  qui fonctionne sur les plaques à induction. Moins de plastique, adieu dosettes, terminé l’obsolescence programmée, retour au charme du café qui fume…
  • les décorations de Noël : bon, nous ne sommes pas très au taquet niveau « célébrations » en général, mais nous avions tout de même « le sapin en plastique », les boules, les guirlandes lumineuses (dont celle qui est en panne et qu’on se jure de réparer caque année…) Tout cela, zou ! Terminé ! Nous trouverons  un autre moyen de passer les fêtes si l’envie nous prend de décorer l’appartement…

Pas de dogmatisme ni d’obligation

Encore une fois, il n’y a pas de dogmatisme dans ma démarche.

Ce qui est utilisé ou aimé est utile par essence.

Ce qui est cassé et utilisé est remplacé (si possible avec un produit d’excellente qualité) et le reste va au tri.

Je précise  que je ne suis pas en train de dire qu’il faut tout « jeter ». Donnez, vendez, recyclez… En priorité.

Pour se donner une idée d’à quoi peut ressembler le minimalisme poussé au bout, le livre « Goodbye  things » (en format numérique !) m’a aidée. Ce que l’auteur est parvenu à réaliser n’est pas mon objectif. En revanche, je trouve que l’ouvrage permet de prendre conscience de la somme d’objets que l’on peut accumuler pour rien, ou presque. Il aide également à percevoir ce qui se révèle indispensable. A ce titre, c’est un bouquin inspirant et intéressant.

Exemple de penderie minimaliste « de l’extrême » dans le livre « Goodbye Things » de Famio Sasaki. Sans vouloir absolument l’imiter, sachez que c’est possible de vivre avec si peu de vêtements. Et ça, ça mérite réflexion…

Redonner de la valeur à TOUTES les choses (et pas seulement à vos objets préférés)

On a tous une liste d’une dizaine d’objets qu’on aime : son ordinateur, un bijou, un appareil photo, un instrument de musique… Le minimalisme permet d’instaurer ce rapport particulier avec tous les objets. Par exemple, mon copain m’a offert une planche à découper (certes, ça pourrait ne pas faire rêver) MAIS dans un bois magnifique façon billot de boucher, avec des contenants bien pratiques… Et je l’adore.

Finalement, le minimalisme permet de redevenir matérialiste, mais au vrai sens du terme. De s’attacher à ses objets, d’en prendre soin, de les réparer et de les utiliser longtemps.

Et après ? Et après, quel bonheur ! Quel bonheur de « reprendre » le contrôle sur tout ce fatras. Quel bonheur aussi de redonner de la valeur aux objets qui rentrent dans la maison. De ne plus se sentir tout petit au milieu d’un amas d’objets. De savoir exactement ce qui se trouve dans chaque placard !

Je conclurai par deux choses, une mise en garde. Le risque du minimalisme, c’est de passer brutalement du « tout » ou « rien ». Et en gros, de tout JETER en un seul week-end bien venère. Vous risquez 1) le regretter ensuite pour certains objets dont vous avez sous-estimé l’importance 2) reprendre le même mode de vie qu’auparavant. Pour nous, le process a été accéléré par les travaux, mais nous avons passé ou moins 4 ou 5 week-ends à trier et le travail est toujours en cours (même si je pense qu’on touche au but !)

Le début du zéro déchet : une suite  logique !

Une fois toutes ces prises de conscience réalisée. Le Zéro Déchet s’impose assez naturellement. On commence tranquillement, en ce qui me concerne, je me suis attaquée au plastique de la salle de bain (gel douche, déo, shampoing, dentifrice, brosse à dent…) et ça passe plutôt bien. Mais c’est une autre histoire !

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