Permaculture en ville et désherbage ?

Permaculture en ville et désherbage ?

Désherber ou ne pas désherber… Voici la question qui a agité mon hiver. Après trois années de permaculture sur mon balcon, les jardinières commencent à avoir une « vie propre ». Des tas de plantes germent, poussent et grandissent sans même que j’ai besoin de les semer. Certaines le font sans se soucier des saisons. Ainsi, le mois de décembre est marqué par la fleuraison de deux cosmos…

En semant des carottes, je me suis demandée comment faire. Fallait-il nettoyer la totalité de la jardinière et désherber ? Le désherbage n’est-il pas une erreur héritée des potagers traditionnels ? (Je dis, ça mais j’adore AUSSI les potagers traditionnels !)

Désherber : pourquoi, comment ?

Dans les potagers traditionnels, on désherbe pour éviter que les « mauvaises herbes » ne viennent entamer la croissance des cultures. On désherbe également parce que ça simplifie le travail au jardin et que ça permet de faire de jolis potagers. Jusque là, pas de problème.

Le soucis c’est quand le désherbage ET la monoculture prennent leur aise et s’installent sur plusieurs hectares… Et que le désherbage implique l’usage de… désherbant chimique. A tous les niveaux, c’est préjudiciable. D’abord pour la richesse et la diversité de la biodiversité qui s’en trouve menacée, mais également parce que comme nous l’avons déjà vu, le compagnonnage est le meilleur ami des jardiniers. La cohabitation des espèces est souvent bénéfique !

Pour ma part, pendant longtemps, j’ai classé le désherbage dans la liste des « choses à éviter. » Rien ne me faisait plus plaisir que de voir les cultures se balader d’un pot à une jardinière et évoluer chaque année… Jusqu’au moment où j’ai fait pousser ces fameuses carottes. Évidemment, dans un bac déjà chargé de racines et d’espèces diverses… Impossible d’obtenir des légumes racines !

Les différentes zones en fonction de leur proximité avec la maison. Les zones les plus proches sont aussi celles qui « subissent » le plus d’invervention. naturewiseacademy.org

En permaculture, c’est le zonage qui va déterminer les lieux où il est autorisé de désherber et les zones qui devront être totalement préservée.

Pour faire simple, s’il est important d’avoir des zones « sanctuarisées » et de privilégier le paillage pour éviter le désherbage… Avoir un lopin de terre désherbé et biner est totalement indispensable si l’on souhaite cultiver les légumes racines. Pas le choix !

Evidemment, le désherbage se fait idéalement à la main, à la binette et avec discernement !

Et nous, les jardiniers des villes, comment peut-on fait alors ? Eh bien, comme souvent c’est très simple. Bien plus simple qu’à la campagne !

Une jardinière réservée aux légumes racines

Et voilà ma solution !

Si certaines jardinières paillées accueillent les cultures habituelles dans un joyeux désordre qui (je l’espère) fait plaisir aux abeilles et aux insectes du coin ; j’ai désormais un bac entièrement réservé aux légumes racines… que je n’hésite pas à désherber et à biner.

Cela semble tout simple, mais mine de rien, il aura tout de même fallu 3 années de culture pour que 1) le problème s’impose à moi et 2) que je trouve cette solution. A voir comment elle va évoluer dans le temps 🙂 Comme souvent, tout est une question d’équilibre et de bon sens 🙂

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