Pollinisateurs : comment attirer les abeilles sur mon balcon ?

Si avoir des pollinisateurs dans son jardin à la campagne n’est pas un problème, sur un balcon c’est moins évident. En me lançant dans mon potager au 4ème étage, c’était ma principale interrogation. Coup de chance, ma commune a plutôt la main verte, et elle a fait installer 3 ruches, l’une d’elles est à moins de 100 mètres de mon balcon.

Depuis j’ai mis en place tout un dispositif pour devenir leur hôte préféré, voici le « digest » de tout ce que j’ai pu lire sur le sujet, et le fruit de mes propres constatations.

Qui sont les pollinisateurs ?

Les abeilles bien sûr ! Les abeilles n’aiment pas la pollution, elles sont sensibles aux pesticides et aux produits chimiques. La ville constitue un barrage naturel où elles n’aiment pas entrer. Il y a des exceptions bien sûr, comme les ruches de l’Opéra de Paris ! Un des endroits les plus congestionnés de la capitale ! Et pourtant, j’ai vu des abeilles voleter au milieu des touristes ! Donc, c’est possible !

Il n’y a pas que les abeilles, il y a aussi le gros bourdon solitaire. Ils sont un peu plus robustes que les abeilles et arrivent quelques jours avant elles, et finissent la saison tardivement.

Il y a également les papillons. En ville, c’est coton d’avoir des papillons, mais on en aperçoit de temps en temps, alors c’est important de leur fournir le repas et le logis !

Enfin, les coléoptères participent également activement à la biodiversité. Il faut le savoir et se retenir de les chasser !

Quelles plantes pour attirer les abeilles sur mon balcon ?

Les plantes préférées des abeilles sont faciles à identifier : c’est celles que l’on déguste… en miel ! Voilà mon moyen mnémotechnique, la prochaine fois que vous vous perdrez dans une jardinerie.

Donc : la lavande, la bourrache, la bruyère, la sauge, le romarin et le thym. Pour les plus faciles à trouver. Mais aussi : l’hellébore (fleur préférée du papa de mon copain, petite pensée pour lui 🙂 les soucis, les agapanthes, la reine des près, la marjolaine, les lauriers. Perso, toutes les fleurs de mon balcon : deux lavandes (avec une fleuraison à deux périodes différentes), un laurier rose, du thym et une anémone du Japon (dont vous pouvez lire l’histoire ici) sont à destination des abeilles. Je me suis également équipée en bourraches et en consoudes…

Attention aux fleuristes des villes ! Pas facile de trouver de bonnes plantes à Paris ! Les bonnes jardineries sont excentrées et les fleuristes parisiens (par exemple, ceux sur le Quai de la Mégisserie) peuvent vendre des plantes hybrides… Sans pollen. Parfaitement ! Quel est le mec qui a décidé que ce serait intelligent de vendre des plantes modifiées n’offrant aucun pollen ? J’essaierai de retrouver l’interview que j’avais lu à l’époque. Là-dessus, je suis démunie. Quand je pose la question à un fleuriste, la plupart du temps, il ne sait même pas de quoi je parle et se contente de me rappeler les règles pour l’arrosage 😉 Donc le plus simple est sans doute d’aller dans de bonnes jardineries. 🙂

À ne pas négliger : l’hôtel à insectes. J’ai fait l’acquisition d’un hôtel avant l’hiver, et aussi étrange et fou que cela puisse paraître : ça fonctionne. Pas instantanément tout de même, mais depuis que le thermomètre a passé la barre des 12 degrès, je trouve régulièrement une abeille ou un bourdon entrain de se sécher les ailes  au soleil dans une des alvéoles. Il y a même un bourdon que j’ai fini par reconnaître à sa trajectoire et à l’alvéole qu’il préfère. Je ne vous refais pas tout le topos, j’avais déjà rédigé un article sur le sujet : un hôtel à insectes sur le balcon.

Je vous présente BumbleBee et son alvéole préférée 😉

Et si je n’y arrive pas, malgré tout ? La pollinisation manuelle !

Pas d’abeille ? Pas de bourdon ? Rien ! Bon, il y a tout de même une solution que j’ai découverte en regardant une émission télé  qui s’appelle « Alaska, les derniers trappeurs ». Comme son nom l’indique, il s’agit d’un documentaire en plusieurs épisodes sur une communauté très isolée (peut-on réellement parler de communauté ?) qui a décidé de vivre en pleine nature au milieu de rien. Ils possèdent donc des serres (une très grande, en réalité) pour protéger leurs cultures du froid. (Si eux arrivent à faire pousser des courges, j’y arriverai aussi !) Sous la serre, les pollinisateurs n’entrent pas, et ils pollinisent à la main !

Le principe pour les courges : on prend une fleur mâle, celles qui ne semblent pas posées sur une version miniature du légume, et on l’applique sur les fleurs femelles.  J’ai lu que certains jardiniers appliquaient un petit scotch sur les fleurs mâles, une journée avant la manipulation pour que le pollen ne se disperse pas.

Et pour les tomates ? Et bien, elles peuvent s’autopolliniser contrairement aux courges ! Les tomates ont la particularité de se débrouiller comme des grandes. Au moindre coup de vent, le pollen de la fleur mâle s’envole en direction des fleurs femelles. 🙂

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