Comment tailler un olivier : méthode, période et gestes à éviter

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La taille de l’olivier permet de conserver une silhouette équilibrée, de favoriser la production d’olives et de limiter les branches faibles ou mal placées. Pour réussir, il faut surtout intervenir au bon moment et respecter la forme naturelle de l’arbre. Voici comment tailler un olivier selon son âge, son état et l’objectif recherché.

Quand tailler un olivier ?

La meilleure période pour tailler un olivier se situe généralement à la fin de l’hiver ou au début du printemps, une fois les fortes gelées passées. Dans la plupart des régions, une intervention entre février et avril convient, en fonction du climat local et du redémarrage de la végétation.

Évitez de tailler pendant une période de gel, car les coupes cicatrisent mal et les tissus exposés peuvent être endommagés. Il est également déconseillé d’intervenir juste avant une période très pluvieuse : l’humidité favorise la propagation de certaines maladies sur les plaies de taille.

Une taille légère peut aussi être réalisée après la récolte, notamment pour supprimer quelques rameaux cassés, morts ou mal positionnés. En revanche, les tailles importantes doivent attendre la fin de l’hiver, surtout si l’olivier est jeune, affaibli ou installé dans une région froide.

Les périodes à éviter

  • En hiver pendant les gelées : les coupes sont plus sensibles au froid.
  • En plein été lors d’une forte sécheresse : l’arbre supporte moins bien les grosses interventions.
  • Avant une période très humide : les plaies restent mouillées plus longtemps.
  • Au moment de la floraison : une taille importante peut réduire la future fructification.

Pourquoi tailler un olivier ?

Dans la nature, l’olivier peut pousser avec une ramure dense et irrégulière. Au jardin, la taille sert à guider son développement et à améliorer la circulation de l’air et de la lumière au cœur de l’arbre.

Une taille bien menée permet de :

  • supprimer le bois mort, malade ou cassé ;
  • éclaircir les zones trop denses ;
  • maintenir une hauteur et une largeur adaptées au jardin ;
  • favoriser la croissance des branches fructifères ;
  • faciliter la récolte des olives ;
  • rééquilibrer un arbre qui penche ou qui possède une ramure asymétrique.

Il ne faut toutefois pas chercher à rendre l’olivier parfaitement géométrique. Une taille trop sévère peut provoquer l’apparition de nombreux rejets vigoureux, affaiblir l’arbre et réduire la production d’olives pendant plusieurs saisons.

Le matériel nécessaire pour tailler un olivier

Utilisez des outils propres, bien aiguisés et adaptés au diamètre des branches. Une coupe nette cicatrise mieux qu’une branche écrasée ou déchirée.

  • Sécateur : pour les rameaux fins et les jeunes pousses.
  • Ébrancheur : pour les branches intermédiaires difficiles à couper au sécateur.
  • Scie d’élagage : pour les branches épaisses.
  • Gants : pour protéger les mains des branches et des outils.
  • Lunettes de protection : utiles lorsque vous travaillez au-dessus de la tête.
  • Désinfectant : pour nettoyer les lames entre deux arbres ou après la coupe d’une branche suspecte.

Nettoyez les lames avant de commencer, puis désinfectez-les régulièrement si vous taillez plusieurs oliviers. Évitez d’utiliser une échelle instable. Pour un arbre haut ou situé près d’une toiture, d’une ligne électrique ou d’un mur, mieux vaut faire appel à un professionnel.

Comment tailler un olivier étape par étape ?

1. Observer l’arbre avant de couper

Commencez par faire le tour de l’olivier. Repérez son tronc, ses principales branches charpentières et les zones trop chargées. Observez également les branches qui se croisent, celles qui poussent vers le centre et les rejets qui partent de la base du tronc.

Avant chaque coupe, posez-vous une question simple : cette branche est-elle morte, gênante, mal orientée ou utile à la structure de l’arbre ? Cette observation évite de retirer trop de bois.

2. Supprimer le bois mort et les branches abîmées

Commencez toujours par retirer les branches mortes, desséchées, cassées ou manifestement malades. Coupez jusqu’au bois sain, sans laisser de moignon trop long. Si une branche entière doit être supprimée, réalisez la coupe au niveau de son point d’insertion, juste à l’extérieur du bourrelet de cicatrisation.

Ne coupez pas au ras du tronc et n’entamez pas inutilement celui-ci. Une coupe légèrement en retrait respecte la zone naturelle de cicatrisation.

3. Enlever les rejets et les gourmands

Les rejets apparaissent souvent au pied de l’arbre ou directement sur le tronc. Ils consomment une partie des ressources de l’olivier sans contribuer à la forme souhaitée. Supprimez-les dès leur apparition, de préférence à leur base.

Les gourmands sont des pousses très verticales et vigoureuses, généralement peu intéressantes pour la fructification. Retirez ceux qui poussent à l’intérieur de la ramure ou qui concurrencent une branche principale. Certains peuvent toutefois être conservés s’ils sont bien placés et utiles pour renouveler une partie de la structure.

4. Éclaircir le centre de la ramure

L’olivier apprécie une couronne aérée. Supprimez les branches qui se croisent, se frottent ou poussent vers l’intérieur. Conservez les rameaux orientés vers l’extérieur, car ils contribuent à former une ramure ouverte et reçoivent mieux la lumière.

Ne videz pas complètement le centre. L’objectif est de laisser passer la lumière et l’air, pas de dégarnir l’arbre. Lorsque deux branches occupent exactement le même espace, gardez la mieux orientée et la plus solide.

5. Réduire les branches trop longues

Si une branche déséquilibre la silhouette ou dépasse largement de la couronne, raccourcissez-la au-dessus d’un rameau latéral dirigé vers l’extérieur. Cette technique permet de transférer la croissance vers une branche mieux positionnée.

Évitez les coupes uniformes en boule ou les rabattages systématiques à la même hauteur. Ils donnent un aspect artificiel et stimulent souvent de nombreuses repousses verticales.

6. Contrôler l’équilibre général

Après quelques coupes, éloignez-vous de l’arbre pour observer sa silhouette. Vérifiez que les branches principales restent réparties autour du tronc et que la couronne ne penche pas fortement d’un côté. Il vaut mieux s’arrêter trop tôt que retirer une branche importante par excès de zèle.

Comment tailler un jeune olivier ?

Un jeune olivier a surtout besoin d’une taille de formation. Pendant les premières années, laissez-le développer un système racinaire et une structure solide. Éliminez les rejets du pied et les branches mal placées, mais évitez les interventions trop importantes.

Vous pouvez choisir une forme en gobelet, avec un tronc dégagé et plusieurs branches principales réparties autour du centre. Pour cela :

  1. conservez un axe ou un tronc bien droit pendant la phase de formation ;
  2. sélectionnez quelques branches principales bien espacées ;
  3. supprimez progressivement les branches qui se croisent ou poussent vers l’intérieur ;
  4. maintenez une hauteur compatible avec l’entretien et la récolte ;
  5. réalisez des coupes légères chaque année plutôt qu’une taille sévère occasionnelle.

Sur un olivier destiné à rester compact, notamment en pot, pincez ou raccourcissez les jeunes pousses trop longues. Travaillez progressivement afin de ne pas déséquilibrer la plante.

Comment tailler un olivier adulte ?

Sur un olivier adulte, la taille vise surtout l’entretien et le renouvellement des branches. Les rameaux qui ont porté des fruits peuvent devenir moins productifs avec le temps. Supprimez-en une partie et conservez de jeunes branches bien orientées pour assurer la production future.

Une méthode courante consiste à maintenir une ramure ouverte, souvent comparée à une forme en gobelet. Le tronc reste dégagé et les branches principales s’écartent vers l’extérieur. Cette organisation facilite la récolte et limite les zones d’ombre au centre de l’arbre.

Ne retirez pas plus de bois que nécessaire lors d’une même intervention. Si l’olivier est très dense ou n’a pas été taillé depuis longtemps, répartissez la remise en forme sur plusieurs années. Une taille progressive est moins stressante pour l’arbre qu’un rabattage brutal.

Comment tailler un olivier en pot ?

Un olivier cultivé en pot doit conserver une ramure proportionnée au volume de son contenant. Retirez les branches mortes, les pousses qui se croisent et celles qui déséquilibrent la plante. Raccourcissez les rameaux trop longs au-dessus d’un départ orienté vers l’extérieur.

La taille ne compense pas un pot trop petit ou un manque de lumière. Placez l’olivier dans un endroit lumineux, assurez un drainage efficace et rempotez lorsque les racines occupent tout le contenant. Après une taille, évitez de le laisser immédiatement subir une sécheresse importante.

Faut-il appliquer du mastic sur les coupes ?

Pour les petites coupes réalisées avec un outil propre et bien affûté, l’application de mastic n’est généralement pas indispensable. La priorité est de faire une coupe nette, de limiter les déchirures et de choisir une période sèche.

Sur une grosse branche, surveillez la plaie dans les semaines suivantes. Si elle présente un aspect anormal ou si l’arbre montre des signes de dépérissement, demandez conseil à un professionnel. N’étalez pas de produit sur une plaie sale ou humide.

Les erreurs à éviter lors de la taille

  • Tailler trop sévèrement : une suppression massive de branches affaiblit l’arbre et provoque des repousses désordonnées.
  • Couper toutes les branches verticales : certaines peuvent être utiles pour renouveler la ramure.
  • Laisser de longs moignons : ils sèchent et deviennent des portes d’entrée pour les problèmes sanitaires.
  • Couper au ras du tronc : cette pratique agrandit inutilement la plaie.
  • Utiliser des outils émoussés : les branches sont écrasées au lieu d’être coupées proprement.
  • Tailler sans tenir compte de la météo : le gel, la pluie ou une forte chaleur compliquent la cicatrisation.
  • Rechercher une forme parfaite : l’olivier doit rester équilibré, mais pas nécessairement symétrique.

Que faire après avoir taillé un olivier ?

Ramassez les branches coupées et retirez-les du pied de l’arbre, surtout si certaines étaient malades. Nettoyez vos outils après l’intervention. Profitez-en pour vérifier l’état du tronc, l’humidité du sol et la présence éventuelle de rejets.

Après une taille importante, accompagnez la reprise avec un arrosage adapté si le sol est sec, sans détremper la terre. Un paillage organique peut aider à conserver l’humidité et à protéger les racines, à condition de ne pas le coller contre le tronc.

Surveillez les nouvelles pousses au printemps et en été. Supprimez rapidement les rejets mal placés afin qu’ils ne deviennent pas de grosses branches difficiles à retirer. Pour un olivier ancien, très haut ou fortement négligé, une taille d’élagage réalisée par un professionnel sera plus sûre et plus respectueuse de l’arbre.

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